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— Le texte ressortit bien au genre conte de fées avec les personnages du Fils du roi, de la Gardienne d’oies, elle-même de sang royal, de la Sorcière ou du Ménétrier. Un certain nombre d’autres personnages se rapprochent de Hänsel und Gretel : le Bûcheron, le Marchand de balais. Mais ce conte finit mal : certes le Fils du roi retrouvera la Gardienne d’oies, mais tous deux mourront empoisonnés par le pain ensorcelé de la Sorcière, avant de s’être mariés et d’avoir accédé au trône de Hellabrunn, ce qui semblait devoir constituer la fin heureuse de l’histoire. Au-delà du conte, le texte suggère une dimension initiatique donnée tant par le cadre de la forêt enchantée que par la clairvoyance de la petite fille du Marchand de balais : elle seule, une enfant, qui plus est issue du peuple, parvient à déchiffrer la vérité cachée sous les apparences du réel, reconnaissant sous les traits du porcher et de la gardienne d’oies les futurs souverains de Hellabrunn. L’aveuglement des adultes dits responsables (les membres du conseil de la ville) précipite la catastrophe. Fasciné par son sujet, Humperdinck
compose d’abord un mélodrame, plus qu’une musique
de scène, créé à Munich en 1907. De même
que le divertissement familial de Hänsel
und Gretel avait pris d’autres dimensions, le mélodrame
se mue en opéra de grande envergure qui occupe le compositeur
de 1908 à 1910. Fidèle au modèle wagnérien
d’un opéra durchkompornierte
et d’un orchestre imposant (les bois par trois, quatre cors, trois
trompettes, trois trombones, un tuba basse, harpe, cordes et percussion),
Humperdinck part d’une thématique populaire (le «Rosenringel
» du 2e acte) dévolue aux personnages issus du peuple (le
Ménétrier, le Bûcheron, le Marchand de balais) mais
étend sa palette expressive pour camper la Gardienne d’oies,
d’origine noble, ou le Fils du roi. De même, il tente une
symbolique musicale en identifiant les forces du mal au chromatisme
qui transparaît dans les parties des enfants royaux, suggérant
qu’ils sont eux-mêmes sous l’emprise d’une force
qui les dépasse. Lucie Kayas
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