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— Né à Naples, il se fit connaître comme compositeur comique en 1746, pour se consacrer peu de temps après au genre serio, qu’il cultiva pendant quinze ans au service de la cour de Madrid. Là, il se distingua comme un musicien de grande qualité, mettant l’accent tant sur l’expression lyrique que sur la caractérisation instrumentale des personnages. Le succès de ses premiers opéras bouffe lui avait ouvert les portes du San Carlo de Naples : en 1750, il y donna l’opera seria Antigona, sur un livret de Métastase, qui sera repris par la suite à Londres, pour pas moins de onze représentations. Ce succès lui valut aussitôt deux autres commandes « étrangères ». En 1751, pour l’anniversaire de l’impératrice Marie-Thérèse (13 mai), il fut chargé par l’ambassadeur d’Autriche à la cour de Naples de composer la cantate à quatre voix Gli Orti esperidi. Et pour le 30 mai suivant, à l’occasion de la fête du roi d’Espagne Ferdinand VI, le grand sopraniste Farinelli, alors au service du souverain espagnol, lui demandait de mettre en musique le texte de Métastase intitulé La Festa cinese (déjà donné en 1735 à Vienne sous le titre Le Cinesi, sur une musique de Caldara), après avoir prié le poète d’enrichir son livret d’un quatrième personnage. L’opéra fut donné
au Palais Royal d’Aranjuez le 30 mai 1751, avec une distribution
exceptionnelle : Peruzzi, Castellini, Pieri et Manzuoli. Cette commande
allait marquer pour Conforto le début d’une heureuse collaboration
avec cette cour. Il arrive à Madrid le 14 octobre 1755, avec
un contrat de 400 doublons par an, plus 100 pour les frais de voyage.
Par la suite, ce contrat sera porté à 700 doublons d’or,
plus 50 pour le logement et 200 pour faire venir son épouse de
Naples, ainsi qu’une voiture avec deux mules et un nombre impressionnant
de cadeaux de valeur. Cette date marque aussi le début de son
amitié et de son travail avec Farinelli, qui allait jouer un
rôle important pour l’affirmation du goût italien
dans l’Espagne du XVIIIe: en effet, tous ses opéras furent
aussitôt salués pour leur veine mélodique féconde
et brillante, et ils furent toujours chantés en italien, par
des Italiens, et accompagnés d’une traduction en espagnol
pour faciliter la compréhension. Marco Iannelli
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